Présentation de Litha Espresso : une révolution B2B
Geoffrey Warembourg : Bienvenue dans ce nouvel épisode de Franchise le Cap. Aujourd'hui, j'ai la chance de recevoir Léo Delhon, fondateur de Litha Espresso, une franchise spécialisée dans la vente de café en entreprise. Salut Léo, comment vas-tu ?
Léo Delhon : Ça va très bien, merci de me recevoir.
Geoffrey Warembourg : Peux-tu te présenter et nous exposer ton concept ?
Léo Delhon : J'ai 40 ans et je suis entrepreneur depuis 20 ans. En 2019, j'ai repris la marque Litha Espresso, alors en sommeil, pour la repositionner autour de trois axes : la qualité, le développement durable et la proximité. Ma volonté est de créer une société ayant du sens, plaçant l'humain au centre, tout en proposant un business model basé sur la récurrence et la rentabilité.
Nous révolutionnons la pause café en entreprise, un marché certes concurrentiel mais vieillissant. Le contexte post-Covid a accéléré la demande pour la qualité de vie au travail (QVT). L'entreprise doit aujourd'hui être un lieu de rencontre, et la pause café est un vecteur essentiel de convivialité.
Nous remplaçons la traditionnelle machine à café « insipide » par une solution de haute qualité, adaptée aussi bien aux TPE qu'aux grands comptes (de 10 à 4 000 cafés par jour). Au-delà du produit, nos engagements RSE et nos innovations éco-responsables sont au cœur de notre identité.
Conditions d'accès et rentabilité
Geoffrey Warembourg : C'est un concept B2B avec une forte récurrence. Quel est l'investissement nécessaire pour devenir franchisé ?
Léo Delhon : Le pack de départ est de 30 000 euros, incluant 10 000 euros de stock, ce qui permet un retour sur investissement rapide. Avec environ 10 000 euros de besoin en fonds de roulement et le matériel (véhicule, ordinateur), un budget global de 40 000 euros permet de se lancer. Un apport de 5 000 euros suffit généralement pour convaincre les banques.
Geoffrey Warembourg : Est-ce qu'un local commercial est obligatoire ?
Léo Delhon : Pas au démarrage. Notre métier étant d'aller chez les clients, un véhicule suffit. Par la suite, l'ouverture d'un showroom peut renforcer la crédibilité et la visibilité sur sa zone, mais ce n'est pas une obligation initiale. Nous ne vendons pas seulement du café ou des machines, nous vendons une solution et une expérience de service.
Geoffrey Warembourg : Si je souhaite me reconvertir, en combien de temps puis-je lancer mon activité ?
Léo Delhon : En deux mois, c'est réalisable. Après une semaine de formation initiale certifiée Qualiopi, le franchisé dispose de tous les outils pour démarrer.
Geoffrey Warembourg : Quel chiffre d'affaires peut-on espérer ?
Léo Delhon : En année 1, la moyenne se situe entre 100 000 et 120 000 euros. En année 2, on atteint environ 200 000 euros. Nous accompagnons nos concessionnaires vers un objectif de 1 à 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires sur 5 à 6 ans. Pour garantir cette rentabilité, nous ne prélevons pas de royalties et affichons des marges moyennes de 50 %, pouvant grimper jusqu'à 60 % en phase de maturité.
Le quotidien du franchisé
Geoffrey Warembourg : Quel est le quotidien d'un concessionnaire Litha Espresso ?
Léo Delhon : Il doit se concentrer sur ses clients. La phase de prospection (réseaux d'affaires, after-works) est primordiale, surtout au début. La confiance est le moteur des ventes. Une fois le contrat signé, le franchisé installe la machine — pré-paramétrée par notre équipe technique — et assure le SAV ainsi que le réapprovisionnement.
À terme, pour passer le cap de l'entrepreneur, il devra recruter (technico-commerciaux, livreurs) pour déléguer les tâches opérationnelles. Nous déployons actuellement des outils basés sur l'IA pour décharger nos franchisés des tâches administratives et leur permettre de se focaliser uniquement sur le développement commercial.
Geoffrey Warembourg : Quel est le profil idéal pour rejoindre votre réseau ?
Léo Delhon : Je cherche des personnes impliquées dans leur écosystème local, dynamiques et ambitieuses. Il faut aimer le relationnel, avoir le goût du travail et savoir inspirer confiance. Nos meilleures réussites sont des partenaires qui prennent plaisir à créer du lien humain, car c'est un métier de proximité.
La dynamique de développement du réseau Litha Espresso
Léo Delhon : Certains de nos concessionnaires affichent une belle réussite. Par exemple, Galil devrait atteindre près de 500 000 à 600 000 euros de chiffre d'affaires pour sa quatrième année et a récemment recruté deux collaborateurs. Il a franchi un cap important, et nous l'accompagnons dans ses évolutions pour anticiper les défis à venir. De même, nous avons des profils comme Perrine à Orléans, ancienne comptable, qui réussit très bien dans le commerce après seulement un an dans le réseau.
Ce ne sont pas nécessairement des profils commerciaux purs qui réussissent, mais des personnes désireuses de bien faire, sociables et génératrices de liens dans leur écosystème local. L'implication est le facteur clé de succès. Actuellement, le réseau compte 52 ou 53 concessionnaires, avec cinq nouvelles intégrations prévues d'ici un mois. Il reste environ 60 zones à pourvoir sur une centaine au total.
Un positionnement stratégique et une offre structurée
Léo Delhon : C'est le moment idéal pour rejoindre Litha Espresso. Le réseau est désormais très structuré, tant sur l'accompagnement que sur la formation. Le marché se retourne en notre faveur et nous sommes parfaitement en phase avec le "time to market". Nous accélérons car les parts de marché se prennent aujourd'hui. Notre méthode est calibrée et notre équipe d'animation réseau ainsi que notre pôle technique sont en ordre de marche.
Nous préparons des offres pour début 2026 qui permettront à nos concessionnaires de se développer avec peu de moyens. Nous avons trouvé des solutions de financement, notamment pour la mise à disposition de machines à café en entreprise, permettant de limiter l'immobilisation matérielle et la trésorerie nécessaire. Concrètement, nous proposons aux entreprises une solution "clé en main" sans coût initial pour elles, ce qui constitue un argument commercial majeur. Nos concurrents s'appuient souvent sur des salariés, alors que chez nous, c'est l'entrepreneur local qui porte la relation, garantissant une implication et une qualité de service supérieures.
La scalabilité du modèle et l'importance de l'humain
Geoffrey Warembourg : Avec un chiffre d'affaires potentiel de 1 à 1,5 million d'euros pour trois ou quatre collaborateurs, le ratio est excellent.
Léo Delhon : Tout à fait, le modèle est scalable grâce à la récurrence du café par abonnement, qui offre une visibilité financière dès le début de l'année. Cependant, le chef d'entreprise doit rester le premier commercial. L'IA, loin d'être un danger, est un accélérateur qui permet de déléguer l'administratif pour se concentrer sur l'humain et le relationnel, qui resteront les piliers de la valeur ajoutée demain.
Innovations et perspectives 2026
Léo Delhon : Nos concessionnaires sont une mine d'or de retours terrain qui nourrissent notre innovation. Pour 2026, nous lançons un réseau B2C avec des concept stores novateurs, mêlant boutique et lieu de consommation hybride. Parallèlement, nous diversifions notre offre pour inclure du snacking et des solutions de fontaines à eau, nous positionnant comme créateurs de lieux de vie et de convivialité en entreprise. Cette stratégie répond à la problématique du retour au bureau en proposant des espaces qui favorisent le lien social.
Nous ciblons des zones prioritaires comme la région parisienne, Dijon, Auxerre ou la Bretagne. Nous offrons également des opportunités de reprise de concessions existantes. À moyen terme, nous visons 100 concessionnaires en France d'ici 2028 et 50 concept stores d'ici 2030, avant d'envisager une expansion européenne, pour laquelle nous avons déjà déposé nos marques.
Un engagement éco-responsable concret
Léo Delhon : Notre différenciation repose aussi sur une démarche d'éco-innovation poussée. Nous avons développé la première torréfaction de France fonctionnant au pellet de bois, réduisant nos émissions de CO2 de 70% et nos coûts énergétiques de 20%. Nous travaillons en direct avec des producteurs de café vert et favorisons le transport par voiliers cargo, avec pour objectif d'atteindre 90% de nos approvisionnements via ce système d'ici 2030. Enfin, nous prévoyons de lancer un système de recyclage du marc de café pour alimenter nos torréfacteurs, bouclant ainsi la boucle de l'économie circulaire.
L'éthique au cœur de la franchise B2B
Geoffrey Warembourg : Aujourd'hui, on va davantage communiquer sur vos engagements, car bien que vous réalisiez beaucoup d'actions, elles restent peu connues. On sent que ces valeurs font partie de votre ADN, un aspect qui séduit particulièrement les candidats à la franchise. Au-delà de l'argumentaire marketing pour les entreprises, c'est une démarche concrète en faveur de la planète.
Léo Delhon : Effectivement. L'idée n'est pas de prétendre sauver la planète, car si l'on veut zéro impact, on arrête tout. L'objectif est avant tout de pouvoir se regarder dans la glace. Lors de la création de la marque, j'ai instauré des engagements équitables et vertueux envers mes concessionnaires. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous proposons un projet cohérent et porteur de sens pour nos futurs entrepreneurs.
Les quatre piliers de l'enseigne Litha Espresso
Léo Delhon : Nos valeurs se déclinent en quatre piliers. Le premier est le respect. « Made with respect » n'est pas qu'un slogan : c'est le respect de l'agriculteur en Colombie, de nos engagements envers nos clients, nos collaborateurs et nos concessionnaires. C'est le respect de la parole donnée.
La deuxième valeur est l'engagement, tant environnemental que social. France Travail s'est d'ailleurs intéressé à notre politique de recrutement. Nous intégrons des jeunes en difficulté et des travailleurs handicapés. Ce n'est pas toujours le chemin de la facilité, mais je suis convaincu que l'entreprise doit jouer un rôle social au sein de son écosystème. On ne peut pas seulement prendre, il faut aussi donner.
Geoffrey Warembourg : C'est une démarche volontaire qui vous distingue. Vous prenez le contre-pied de la recherche du profit à tout prix, ce qui prouve que votre avance sur ces questions sociales est un vrai choix stratégique.
Léo Delhon : Exactement, nous y croyons. La troisième valeur est le plaisir. Il ne s'agit pas de recruter à tout prix, mais de trouver une adéquation humaine. Nous allons travailler ensemble pendant 10, 15 ou 20 ans ; je souhaite donc collaborer avec des personnes avec qui cela « matche ». La dernière valeur est l'ambition, car nous voulons devenir des leaders en France. Si vous n'êtes pas ambitieux, ce réseau n'est pas fait pour vous.
Entreprendre en France : une opportunité réelle
Geoffrey Warembourg : Quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui envisagent une reconversion professionnelle et sont arrivés au terme de cette émission ?
Léo Delhon : Je leur dirais qu'en France, contrairement aux idées reçues, le climat est favorable à l'entrepreneuriat. En tant que salarié, vous pouvez bénéficier d'une rupture conventionnelle, d'un accompagnement par France Travail pendant 18 mois, et de divers dispositifs comme les prêts d'honneur. L'apport personnel demandé chez Litha Espresso reste minime. Le seul vrai risque, c'est de réussir. Il faut savoir souligner les opportunités que notre pays offre aux créateurs d'entreprise.
Geoffrey Warembourg : Merci beaucoup, Léo, pour cet échange. Votre concept et vos valeurs sont désormais très clairs pour nos auditeurs. Si le modèle Litha Espresso vous intéresse, vous trouverez toutes les informations nécessaires, ainsi que les liens pour candidater et prendre rendez-vous, dans la description de cet épisode. N'oubliez pas de vous abonner pour découvrir nos prochaines émissions.








